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DIEUDONNÉ NIANGOUNA. Rites et Rythmes

  Stage conventionné AFDAS 

 

 

Je fais ce stage parce que j’aime le monde et la vie possible sur la terre.
Parce que j’aime les cultures et les traditions quand elles apportent un supplément d’âme à ce que nous sommes afin de continuer le plus beau geste de la vie : vivre en se questionnant à travers nos rites et rythmes de vie.
Parce que la force du théâtre est une grande lumière contre l’obscurantisme et les propagandes qui tuent la vie et prônent la mort de la vie…
Dieudonné Niangouna

 

Objectifs Pédagogiques :

Comment s’inspirer des rêves pour créer une partition dramatique, les rêves étant les matrices du poème d’où l’acteur va cheminer ?
Comment faire parler son corps, tant dans la solitude que choralement ?
Comment convoquer son corps à l’appropriation consciente de cette matière, oser s’aventurer, se laisser entraîner, pour inventer des voies de dramaturgies singulières.
Tel est le chemin proposé ici à « l’acteur créateur » :
– partir de la zone la plus sombre et indécise afin de dessiner concrètement sur scène les contours mystiques d’une interprétation.
– raccorder le processus narratif qu’il établit et l’émanation de son geste à son profond désir de trouver la clé des songes.
Le fait de déverrouiller les mystères visera non pas à les rendre profanes mais à raconter de façon théâtrale la multiplicité des possibilités rationnelles qu’ils enferment :
« L’acteur est cet organe qui libère les songes. Il doit rentrer dans une forêt noire avec pour seule boussole la lumière de son corps : corps étranger face à la matière, esprit troublé par l’incompréhension des mystères, désir inassouvi de jouer le jeu de Prométhée.
Il est « Un » mais divisible. Rebelle à toute vanité du langage mais perméable aux univers incertains pour transcender, non expliquer par son « je » la raison de son transport.
Et sorti de la forêt l’acteur devient le chœur, le coryphée et l’élément activant de la fable qui nous est racontée par lui-même. »
Dieudonné Niangouna invite ainsi à aborder la notion du générateur-corps-orchestre où l’acteur accomplit la fabuleuse alchimie du rite et des rythmes.

Programme/ Dramaturgie de l’indicible :
Conçu en trois étapes de travail, le stage Rites et Rythmes se déroulera suivant les intitulés de trois mouvements dramaturgiques : Sillage, Laboratoire et Guérison.

SILLAGE :  première étape de travail qui va durer trois jours; parle du passé conséquent et des songes marquants. Il est constutué de récits de rêves que vont apporter chaque participant. Ces rêves doivent être racontés par leurs géniteurs, les particpants à l’atelier, puis écrits par eux-mêmes sous ma direction et rapportés à nouveaux dans une sorte de débats entre la parole rêvée et la parole écrite. À ces rêves vont s’ajouter les références mythologiques et réelles d’un passé proche pour ne pas dire d’un présent emprunté de chaque participant.
LABORATOIRE : Ici on est dans un temps de recherche pour trouver le médicament nécessaire à notre condition actuelle d’humain sous peau de peur pour ne pas dire suppot de peur : La Confiance. L’esprit de ce laboratoire est tout simplement poétique et non scientifique. Ici nous rentrons dans une zone de turbulence émotionnelle. Cette longue recherche est basée sur les sensibilités pour prouver ce qui fait peur en nous afin de déjouer les mécanisme du sillage et d’inventer la raison Shakespearienne du TO BE OR NO TO BE. Par une série d’exercice l’acteur se met en scène et trouve sa propre bête et son petit ange dans le même corpus, celui de son rêve, et l’actionne comme étant une seule et même identité.Cet étape durera cinq jours.
GUERISON : François de La Rochefoucauld disait « qu’on peut tomber de la montagne et se relever. » La rédemption est là. Devrons nous nous laisser mourir ou renaître de nos cendres comme le phénix? L’enjeu dans cette dernière partie est de sagement prôner le courage poétique de l’utopie, d’inventer une dimension réelle de l’homme, de pouvoir la porter et de parvenir à l’assumer non sans la critiquer incessamment. C’est l’étape de la transcendance de sa fable dans un espace pluriel où d’autres fables se racontent. Comment tenir sa fable en l’articulant à d’autres. Partager un espace commun de fables différentes et trouver une dramaturgie qui les fait raconter toute en une fable arc en ciel. Une grande fresque humaine. C’est à cette étape définitive qu’on joint tout les rêves des participants pour opérer une alchimie de sens et d’émotion qui donnerait un texte, un jeu qui est fait de « je » au pluriel, une mise en scène partagée entre le directeur de l’atelier et les participants.

Téléchargez le Programme complet du stage Rites et Rythmes


 

Dieudonné Niangouna

Né en 1976 à Brazzaville (République du Congo), Dieudonné Niangouna est comédien, auteur, metteur en scène. Rien ne décrit mieux l’écriture de Dieudonné Niangouna que le nom de la compagnie : Les Bruits de la Rue. Son oeuvre littéraire se nourrit en effet de la rue, reposant sur un langage explosif et dévastateur, à l’image de la réalité congolaise.
À ses compatriotes, comme à tous les spectateurs qu’il rencontre bien au-delà des frontières du Congo-Brazzaville, il propose un théâtre de l’urgence, inspiré d’un pays ravagé par des années de guerre civile et par les séquelles de la colonisation française. Un théâtre de l’immédiateté, dans une société où il faut résister pour survivre quand on est auteur et comédien. Un théâtre protéiforme qui fait appel à la langue française la plus classique comme à une langue populaire et poétique, nourrie de celle du grand écrivain congolais Sony Labou Tansi. Conscient de la triple nécessité pour le langage théâtral d’être à la fois écrit, dit et entendu, Dieudonné Niangouna se sert d’images et de formules empruntées à sa langue maternelle et orale, le lari, pour inventer un français enrichi et généreux, « une langue vivante pour les vivants ».
Formé par Massengo mâ Mbongolo, il commence le théâtre dans les années 90 avec les compagnies de Brazzaville : Cie Kongo dia Ntotéla, Cie Salaka, Cie Rideau de Lianes, Cie Deso, et le Théâtre d’Art africain.
En 1997, il est reçu à l’école des Beaux Arts Paul Kamba de Brazzaville en section Arts Plastiques.
Il participe aux stages et ateliers animés par : Gaël Leborne et Zoë Heller (en 1994), Bernard Sallé (1995), Jean Paul Delore (1996), Éric Mampouya (1996), Matondo Kubu Turé (1997) Nicolas Bissi (1998), Mwanbaye Kalenguaye et Laurent Dilandwa (de la RDC, 2000), Vincent Mwamba Chaka (de la Centrafrique, 2000), Jacques Livchine et Hervé Delafont (2001), Hami Hattab (2001).
En 2005, il fait partie des quatre dramaturges africains présentés en lecture à la Comédie Française.
En 2013, Dieudonné Niangouna est artiste associé au Festival d’Avignon.
De 2014 à 2017 Dieudonné Niangouna est artiste associé au Mousonturm Théâtre de Frankfort ( Allemagne)
En 2015 il est lauréat du prix littéraire des Lycéens en île de France avec sa pièce M’appelle Mohamed Ali.
En 2016 sa mise en scène Nkengueg est présenté au Théâtre Gérard Philipe, pour le Festival d’Automne. La même année il dirige un stage à ARTA La scène comme poétique de l’indicible.
En 2017 est sur scène avec Antoine m’a vendu son destin au Théâtre National La Colline.

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Dieudonné Niangouna : La scène comme poétique de l’indicible

OBJECTIF PÉDAGOGIQUE :
A partir de différents matériaux, dont ses propres écrits, Dieudonné Niangouna invite à générer une création de plateau, personnelle et collective, qui passe par d’intenses climats émotionnels, pour puiser dans ceux-ci les indispensables éléments nécessaires à une réelle exploration artistique ancrée sur l’expérience.
Il s’agira d’ouvrir ainsi des pistes concrètes inspirantes pour aborder écritures poétiques et scéniques nourries d’oralité et d’organicité : faire en sorte que sur ou sous le texte, entre les personnes, il se passe quelque chose pour que « ça arrive, faire l’expérience de ça », et « que chacun se l’approprie ».
Ce faisant, engagement créatif et responsabilité éthique seront questionnés.
Plutôt que de chercher à interpréter, à devenir un personnage, l’acteur se doit d’être une figure de désir, une « puissance de vie qui entre, nous échappe, disparaît et meurt, parce qu’elle arrête de respirer ».

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Dieudonné Niangouna incite à « casser la baraque », pour reprendre l’expression même de Sony Labou Tansi : il faut agir sur la peur et la porosité en poussant le corps, éperdu de solitude, dans un champ de bataille. « Moi, qui te vois avoir la jambe coupée, moi qui te vois heureuse de fêter ton anniversaire, et qui ressens cela », je dois faire avec ça, et avancer, acteur, dans la jungle « à coups de machettes ».
Mais il ajoute également « pour remplir la tasse de café, il faut d’abord la vider. » C’est ainsi
qu’il lui faut passer par ce rapport à la terre, à l’horizontale, cette « barre au sol », avant de trouver les déséquilibres propres à la verticalité.
Avec joie et humour débordant, chacun étant libre de choisir, de faire ou de ne pas faire, pour éviter l’ « anti-jeu », les propositions radicales viseront à oser se frotter au réel, à mettre en abyme l’acte théâtral et/ou artistique, tout en se positionnant quant aux cadres, aux frontières, aux limites, nécessaires à l’art ou convenues, règles à dépasser, ou à ne pas dépasser, à établir ou à abolir, tant sur le plan physique que psychique.
N’est-ce pas aux frontières, en s’aventurant au bord des limites, que l’ébranlement artistique peut se produire ?
Tout commence par des mouvements qui interrogent le rapport du corps à l’espace.
Ces mouvements sont appelés à devenir des situations qui ne révèlent que leurs esprits : Le fonde l’abstraction scénique.

 
-Comment incarner une situation qui reste énigmatique?
-Comment travailler à désincarner le réel?
-Du truculent au poétique et vice versa.
-Comment faire naître le mouvement du silence ?
-Est-il nécessaire de se laisser perdre?
-Quelle est la part de l’incompris et le pouvoir de la futilité au théâtre?
-Quelle est votre limite dans l’action?
« Un chant d’oiseau, un soupir du vent, ne sont possibles
que sur une scène où il n’y a pas d’arbres… » Jacques Copeau

Deux modules pour ce faire :
I – « La barre au sol » ou Station Horizontale.
II- L’acteur comme forme éruptive du plateau.

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INFORMATION COMPLÉMENTAIRES :
Le parcours sera filmé et enregistré tout les jours.
Puis un visionnage des séquences filmées se fera tous les matins.
Chaque soir, un texte sera écrit par chaque acteur à partir de la mémoire de ce qu’il aura éprouvé pendant la journée.
De sorte que dès la fin de la première semaine, un texte commun sera produit, résultant des parcours spécifiques individuels et collectifs.
La seconde étape fera appel à une direction d’acteur plus stricte et développera pour l’acteur les mécanismes de l’auto-direction, ce qui fait accoucher « l’acteur-metteur en scène ».

Les textes suivants seront travaillés :
Pendant la matière de Valère Novarina,
l’Acteur Invisible de Yoshi Oïda,
Acteur de l’Écriture de Dieudonné Niangouna.
Dieudonné Niangouna transmettra les préceptes non écrits du Kinguinzila ou théâtre de la guérison(Tradition Kongo).
Visionnage du film « À la poursuite du Renard Pâle » de Jean Rouch.

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