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LE BORD

« Dans le temps on se sentait en sécurité. Aujourd’hui les gens font des choses sans raison. Je comprends pas ma propre vie »

Une ville. De nos jours. La nuit. Au bord d’une nouvelle vie, un jeune homme tombe sur le corps d’un vieil ivrogne couché dans la rue. Les deux sont en fuite — pour aller où ? L’événement est aussi fugace et percutant qu’un accident aperçu à travers la vitre d’une voiture. À un autre endroit de la ville : le jeune homme rentre chez lui, où l’attend sa mère pour leur dernière soirée ensemble. Mais le vieil homme l’a suivi et va faire irruption dans la maison pour régler des comptes. D’un incident à l’autre, trois vies basculent.
Le Bord, pièce inscrite dans le cycle d’œuvres que Bond a originellement écrites pour être jouées dans les lycées et collèges, explore avec un humour tonique la notion de gouffre entre les générations, décrit avec compassion les déchirements d’une séparation, et propose une parabole moderne sur la difficulté qu’il y a à se constituer en être responsable et solidaire, dans une société acharnée à étouffer et briser la liberté créatrice de l’individu.

Loin d’édulcorer son écriture pour jeunes publics, Edward Bond écrit sans concession sur la brutalité et les paradoxes des problèmes humains les plus profonds.

Durée : 1h05

Représentations :
Du 11 au 30 juin 2018
Du lundi au samedi à 20h30
Samedi à 16h00

 

Auteur Edward Bond
Metteur en scène et Traducteur Jérôme Hankins
Avec Françoise Gazio, Yves Gourvil et Hermès Landu
Assistant mise en scène Yohan Jamesse
Scénographie et accessoires Alexandrine Rollin
Costumes Hélène Falé
Création lumière Benoît André
Production L’Outil Compagnie

 

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L’ÉTABLI

L’Établi est une épopée. Quatre mois intenses d’immersion. D’autres mois pour digérer, et écrire. Puis le silence, des années durant.
Se souvenir du bruit, même en dormant. Les gestes répétés, les paroles d’ouvriers, et la solitude, la saleté, le pognon et tout le reste. Paris, ses banlieues toutes neuves, et l’avènement d’une société de loisirs. Après mai 68, que Robert Linhart a passé à l’hôpital, les pavés sont retombés et il a fallu retranscrire, réfléchir, proposer cette autre société. Il a fallu rapprocher les générations, les cultures. Et le « vivre ensemble » s’est construit sur les ruines de mai 68.
De l’Université Paris-Vincennes – dont la fille de Robert Linhart, Virginie, a tiré un documentaire édifiant – à l’émergence d’un nouveau cinéma, démocratisé, et de formes théâtrales innovantes (les débuts de la Cartoucherie, de la décentralisation, la naissance des Maison de la Culture, comme celle d’Amiens, inaugurée par André Malraux), le monde ouvrier et ses enfants accèdent peu à peu à une instruction alternative, et trouvent dans les fanzines d’humour ou autres cahiers étudiants (comme celui que fonde Robert Linhart à Ulm) comme un prolongement énervé des pensées à chaud, de la parole de la rue. Pas de récupération. Une écriture radicale. Des vraies manifs.

Durée : 1h30

Représentations :
Du 7 juin au 1er juillet 2018
Du jeudi au samedi à 20h30
Samedi et dimanche à 16h00

D’après Robert Linhart
Mise en scène Olivier Mellor
Avec Aurélien Ambach-Albertini, Marhane Ben Haj Kahlifa, François Decayeux, Eric Hémon,
Olivier Mellor, Stephen Szekely, Hugues Delamarlière, Vadim Vernay, Romain Dubuis, Séverin Jeanniard

Musiciens, musique originale Séverin « Toskano » Jeanniard, Romain Dubuis, Olivier Mellor, Vadim Vernay
Son Séverin Jeanniard, Benoit Moreau, Vadim VernayLumière Olivier Mellor
Scénographie Séverin Jeanniard, Olivier Mellor, François DecayeuxVidéo Mickael Titrent, Ludo Leleu
Production Chapelle-Théâtre / Amiens Centre culturel J.Tati / Amiens
Avec le soutien de l’association L’ILOT, de la ville d’Amiens, du Conseil départemental de la Somme,
du Conseil régional Hauts de France et de la DRAC Hauts de France / Ministère de la Culture
Et la participation de PICTANOVO et de la SPEDIDAM

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BERLIN, TON DANSEUR EST LA MORT

Berlin, ton danseur est la mort est une pièce de théâtre contemporaine et musicale, écrite au début des années 80 par Enzo Cormann.

Elle est extrêmement originale par sa forme et son sujet. Tout d’abord, par son écriture : un mélange de poésie et de prose, de lyrisme et de simplicité, une oralité parfois douce, parfois brutale, qui lui donne un aspect cinématographique tout à fait rare au théâtre.

En effet, lorsque nous lisons cette pièce, de nombreuses images nous apparaissent, comme des scènes de film. Il va sans dire que l’auteur s’inspire – et par là-même rend hommage – au célèbre musical Cabaret de Fosse, à l‘Ange Bleu de Stenberg ou encore au cinéma de Fassbinder, et plus globalement aux années 30, à ces années orageuses où la création artistique fusionne de mille feux parce que censurée, et où les expressionnistes, les fauves, les cubistes… sont à leur apogée.

De plus, cette pièce traite de la montée du nazisme à Berlin, à la veille de la plus terrible des guerres que l’humanité ait connue. L’auteur évoque à plusieurs reprises l’antisémitisme, le racisme et l’homophobie omniprésents dans l’organisation nazie, et l’horreur de la déshumanisation. Comment ne pas avoir les images d’archives en tête, comment ne pas entendre Hitler proférant ses discours haineux, ou les pas ordonnés et systématiques des soldats SS ? Comment ne pas voir Charlie Chaplin sur son globe dominant le monde ? ou la vision terrible des cadavres squelettiques dans les camps de la mort ? Plus qu’une simple histoire théâtrale, c’est un véritable devoir de mémoire que nous livre Enzo Cormman.

Aussi, l’auteur a eu la subtile idée, au même titre qu’un Brecht, d’ajouter une partition musicale à son œuvre. Au delà de ses nombreuses références artistiques citées à plusieurs reprises dans sa pièce, l’écriture nous plonge réellement dans une atmosphère, une ambiance… qui dépasse le théâtre : c’est tout à coup une chanson, un livre d’histoire, une étude, un témoignage… à travers lesquels on peut facilement, en tant que spectateur, s’attacher et s’identifier.

Cette pièce théâtrale qui, à travers deux ultimes monologues (au début et à la fin), dénonce foncièrement l’horreur de la guerre, et qui traite l’un des sujets les plus dérangeants de notre histoire, par l’évocation de la Shoah notamment, se doit d’être vue, entendue, et accessible à tous. « Que toujours, partout où un être humain serait persécuté, je ne demeurerai pas silencieux » disait Elie Wiesel. Le théâtre prend alors toute son importance car il devient nécessaire. Il permet au monde de se souvenir et de ne jamais oublier. « Parce que nous ne sommes pas là pour nous plaindre mais pour changer le monde… »

Durée : 1h30

Représentations :
Du 21 mai au 9 juin 2018
Du lundi au samedi à 20h30
Samedi à 16h00

Auteur Enzo Cormann
Mise en scène Amélie Hennes
Avec Sarah Bloch, Quentin Chapellier, Ghislain Delbecq, Armelle Gasquet, Béatrice Hennes, Cannelle Petit, Laurent Peyrat, Camille de Preissac.
Coiffure et maquillage Nina Lelez
Régie Rémi Rémongin
Production LES ATTENTIVES

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