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Simon Abkarian / Catherine Schaub / Pierre Ziadé : Contraintes et liberté : poésie d’un corps précis

du 28/05/2018 au 15/06/2018

15 jours – 90 heures

Horaires : lundi, mardi, mercredi de 11h à 18h, jeudi et vendredi de 12h à 19h, avec une pause d’une heure.

Coût pédagogique : stage conventionné AFDAS à 1620€

 

Objectifs pédagogiques :

L’objectif pédagogique du stage est de travailler sur les contraintes et libertés qu’imposent par nature le théâtre – et plus particulièrement, celles de capter l’attention du spectateur et celles de présenter des textes classiques. Catherine Schaub et Simon Abkarian, souhaitent également interroger les participants sur l’utilisation des techniques issues des arts traditionnels sur la scène contemporaine.

Au cours de cette masterclass, les stagiaires s’exerceront à un travail de précision, de rythme, de dissociation, cisèleront leur regard et leur visage et perfectionneront leur technique physique par des exercices sur l’architecture et l’amplitude du corps et sur l’endurance.

 

Description :

« La tragédie contient en elle cette vertu qui consiste à fédérer les arts.
Le chœur est la matrice du grand tout.
A nous d’y replonger et d’en sortir le perdu.
Un mouvement lorsqu’il est précis est infini, il ne s’arrête jamais, il se perd, se retrouve.
L’approximation est une boussole sans aiguilles.
Elle nous mène à la mort c’est à dire nulle part.
Elle nous dépose dans un monde d’ennui d’où le public ne revient pas.
La précision elle, est une pratique qui traque la poésie et le beau.
Ce qui n’est pas tenu ne peut s’échapper.
Prétendre à la liberté implique la construction d’une cage.
Les ailes ne sont pas un gage de liberté.
C’est le ciel qui fait défaut.
Le ciel se dessine dans la nécessité de voler.
La cage est l’endroit où se muscle l’imaginaire.
C’est là que se dessinent les cieux.
La cage est la forme physique et immatérielle, nécessaire à toute entreprise théâtrale.
La forme c’est poser la question de l’espace et l’espace pose celle du corps en jeu.
Poser la question du jeu, c’est poser la question du théâtre.
Et la question du théâtre nous mène irrémédiablement vers l’acteur annonciateur de l’humain. 
»
Simon Abkarian

« Des années de pratique assidue de Kathakali m’ont enrichie d’une grammaire précise et redoutable qui consiste a maîtriser, le rythme, la dissociation, la précision des gestes et du regard, l’architecture du corps, le travail des yeux, des muscles du visages, l’endurance, l’amplitude du corps selon les personnages incarnés, le féminin, le masculin.
Cependant une même question me travaille au corps, que faire de ce « trésor » ici en France ?
Comment déplacer un art traditionnel vers les textes fondateurs de la littérature occidentale ?
Comment transmettre cela sans opposer le traditionnel au contemporain ?
Comment, sans le dévoyer, en extraire l’essence et le partager avec des artistes de scène, en vue d’un théâtre vivant ?
Le jumelage est-il possible ?
Où se trouve la croisée des chemins entre l’archaïque et le moderne ?
Qui est l’archaïque et qui est le moderne ?
D’où qu’il soit un corps dansant n’est-il pas un corps dansant ?
D’où qu’il soit, un acteur n’est-il pas un acteur ? L’objet de ce stage, ce sont toutes ces questions réunies en un seul endroit qui ne sait pas mentir : le plateau
. »
Catherine Schaub

« Le corps possédé
Tout corps est poétique en soi. Il peut l’être l’espace d’un instant, le temps d’un geste, d’un mouvement fait au hasard. Mais quand il s’agit de pratiquer un art, il ne peut plus être question de hasard. Il faut pouvoir éduquer son corps, lui apprendre une autre langue, et faire de sa chair un espace poétique en soi. Il n’y a pas de secret, tout commence par le travail. Le théâtre n’échappe pas à cette règle. L’acteur se doit de travailler jusqu’à s’oublier, posséder une technique jusqu’à ce qu’elle le possède à son tour. Oui, c’est là que quelque chose de poétique peut véritablement advenir : quand ce n’est plus celui qui pratique la technique qui possède la technique, mais quand c’est la technique elle-même qui finit par posséder celui qui la pratique, le libérant alors des contingences de son corps ; de même que la langue maternelle finit par posséder celui qui la parle et lui permet de s’ouvrir à ce qu’il ne connaît pas, ou bien peut-être à ce qu’il connaît depuis toujours. »
Pierre Ziadé


Une journée de travail :

La journée commencera par un entrainement physique : rythmes, motifs chorégraphiques, techniques de jeu de l’acteur de Kathakali. A travers des jeux et des exercices les stagiaires exploreront la dissociation sans jamais perdre de vue le souffle et la voix, et essaieront de créer une grammaire commune dans le but d’un travail adapté à leurs besoins.
Constituer un chœur, trouver son identité poétique afin d’en faire surgir la ou le protagoniste : le premier athlète.
Ce travail s’articulera autour des extraits d’Electre d’Euripide, de Sophocle et autres…

 


 

SIMON ABKARIAN  Auteur, metteur en scène, acteur.

Simon Abkarian est né à Paris. A l’âge de neuf ans, il part pour Beyrouth, Liban. Il apprend les danses des pays du Caucase, s’initie à la cuisson des brochettes et à la guerre civile…
A New York, il se forme dans l’institution « Arménie Europe Centrale Antranik ».
A Los Angeles, un stage de masques de la Commedia del’Arte dirigé par Georges Bigot lui ouvre les portes du Théâtre du Soleil. Il s’y révèlera sur une huitaine d’années dans ces fresques inoubliables orchestrées par Ariane Mnouchkine (L’histoire terrible mais inachevée de Norodom Sihanouk roi du Cambodge et L’indiade d’Hélène Cixous , Les Atrides d’Euripide et Eschyle). Suivront d’autres projets de théâtre avec Paul Golub, Sylviu Purcarete, Laurent Pelly, Peter Brook, Antoine Campo, Simon Mc Burney, Cécile Garcia Vogel, Irina Brook (Molière du meilleur comédien pour son rôle dans une Bête sur la lune),….
Il a constitué un noyau d’acteurs avec lesquels il travaille dans un esprit de recherche, de création et d’échanges et met en scène : Peines d’Amour Perdues de Shakespeare (1998) au Théâtre de l’Epée de Bois, L’Ultime Chant de Troie d’après Eschyle, Euripide, Sénèque, Parouir Sevac (2000) à la MC93 de Bobigny, Titus Andronicus de Shakespeare au Théâtre National de Chaillot (2003), Projet Mata Hari-Exécution de Jean Bescos au Théâtre des Bouffes du Nord et au TNT de Toulouse (2010-2011).
En 2008 il écrit et met en scène Pénélope ô Pénélope ( prix du syndicat de la critique pour le meilleur texte théâtral ) au Théâtre National de Chaillot puis en tournée en France, Beyrouth, Madrid…Il écrit et joue dans Ménélas Rebétiko Rapsodie (2012) créé au Grand Parquet à Paris . En 2013 il écrit et met en scène Le dernier jour du jeûne au Théâtre du Gymnase à Marseille et au Théâtre des Amandiers à Nanterre. Tous ses textes sont publiés chez Actes-Sud papier.
En 2017 : L’envol des cigognes, dernier volet de la trilogie Pénélope ô Pénélope – Le dernier jour du jeûne est créé au Théâtre du Gymnase à Marseille puis au TNT à Toulouse et au CDN de Limoges…
En préparation pour 2018 : Printemps déchus, l’intégrale des trois pièces au Théâtre du Soleil.
Il dirige de nombreux stages pour acteurs, danseurs et musiciens ( Montréal, Paris, Athènes, Los Angeles, Epidaure….) et dirige la classe d’improvisation au CNSAD de Paris (2002-2004)
Au cinéma il tourne avec Cédric Klapish, Marie Vermillard, Michel Deville, Xavier Durringer, Atom Egoyan, Jonathan Demme, Robert Kechichian, Serge Lepéron, Frédérique Balekdjian, Sophie Marceau, Thomas Vincent, Ronit et Shlomi Elkabetz, Jean-Pierre Sinapi, Sally Potter, Robert Guédiguian, Martin Campbell, Eric barbier, Marjane Satrapi et Vincent Paronnaud, Karim Dridi, Philippe Haim, Jean-Michel Ribes, Hervé Hadmar, Gilles Banier……

 


 

CATHERINE SCHAUB   Comédienne, danseuse.

La danse classique, c’est son enfance et son adolescence à Sarreguemines, sur la frontière allemande. Et puis des études d’art plastiques (Saarbrücken, Bourges, Paris), au cours desquelles Catherine Schaub rencontre Peter Schumann et le Bread and Puppet Theater avec qui elle travaillera aux Etats-Unis et en Europe. S’ouvre ainsi la voie d’un théâtre total où se mêlent le jeu, la musique et la danse. Elle étudie le théâtre dansé Kathakali pendant cinq ans en France et en Inde. En 1985 elle rejoint la troupe du Théâtre du Soleil. Elle y travaille pendant sept ans (L’histoire terrible mais inachevée de Norodom Sihanouk roi du Cambodge et L’Indiade d’Hélène Cixous, Les Atrides : Iphigénie à Aulis d’Euripide et L’Orestie d’Eschyle où elle joue le rôle du Coryphée, dirige et chorégraphie les danses du chœur.
Comédienne et danseuse, elle travaille sous la direction d’Ariane Mnouchkine, Paul Golub, Silviu Purcarete, Simon Mc Burney- Théâtre de complicité …..
Elle collabore régulièrement avec Simon Abkarian, tant sur le plateau en tant que comédienne que pour l’entraînement physique des acteurs et la danse. Avec ce dernier elle joue dans Peines d’amour perdues de Shakespeare, L’ultime chant de Troie d’après Euripide, Eschyle, Sénèque, Parouir Sevac, Titus Andronicus de Shakespeare, Pénélope O Pénélope de Simon Abkarian, Projet Mata Hari-exécution de Jean Bescos, Le Dernier Jour du Jeûne et L’envol des cigognes de Simon Abkarian….
En danse contemporaine elle travaille avec le chorégraphe Akram Khan dans le spectacle iTMOi, d’après le Sacre du Printemps de Stravinsky, en tournée internationale de 2013 à 2016. Elle collabore régulièrement avec la chorégraphe québécoise Marie Chouinard. En préparation : En attendant le Maître, Voyage en Kathakalie, création collective pour trois danseuses autour de cet art majeur du sud de l’Inde.
Elle dirige plusieurs stages pour acteurs et danseurs notamment au CSNAD de Paris, à l’Ecole de danse de Genève, au Ballets National de Lorraine, à Londres avec les jeunes danseurs de plusieurs académies, à Athènes, Montréal, Naples, Venise, Epidaure … Elle met en scène l’épopée de Gilgamesh en Syrie (2006) avec acteurs et chanteurs à l’Opéra de Damas puis en tournée en Syrie, Tunisie, France, Yémen…

 


 

PIERRE ZIADÉ – Écriture et Mise en scène

Après des études d’ingénieur en télécommunication, Pierre se tourne très rapidement vers le cinéma où il travaille dès 1997 pour les films Alain Sarde/Canal+, puis à la télévision, en tant qu’assistant réalisateur pour divers documentaires sur le cinéma, et l’émission hebdomadaire Fenêtre sur court, de Kanpaï production pour France 5.
En parallèle, il conçoit, rédige et réalise différents évènements pour Live / Groupe GL Events sous la direction d’Emmanuel DAVID, puis pour IDTGV avec A ticket for love, le FIAP avec 40 ans de portes ouvertes
De 2004 à 2006, il assiste Rosalie VARDA pour l’organisation des soirées officielles du Festival de Cannes (Soirée d’ouverture, clôture, quinzaine des réalisateurs, un certain regard…) et la mise en espace des lieux VIP (Plages des palmes, Café des palmes…). En 2006, il met en espace et organise la soirée du Liban sur la plage des palmes.
Au théâtre, il est le collaborateur artistique de Simon ABKARIAN, et participe à chacune de ses créations théâtrales depuis l’an 2000, en commençant par l’Ultime Chant de Troie (MC93), puis Titus Andronicus (Théâtre National de Chaillot), Pénélope ô Pénélope (Théâtre National de Chaillot), Mata-Hari (Théâtre National de Toulouse), Ménélas Rebetiko rapsodie (Théâtre de Vidy Lausanne), Le dernier jour du jeûne ( Nanterre Amandiers), Chanson(s) sans gêne (Théâtre de la tempête), L’envol des cigognes (Théâtre du Gymnase), la trilogie (Théâtre du soleil) en septembre 2018.

Dans le même temps, il est le collaborateur artistique de Wajdi MOUAWAD pour Ciel(s) de 2009 à 2010, et de Robert FORTUNE dès 1997 au théâtre pour La surprise de l’amour de Marivaux, La poudre aux yeux de Labiche, Paroles de Prévert… Ainsi qu’à l’opéra pour Candide de Bernstein (Opéra de Turin), La Traviata de Verdi (Chorégies d’Orange), L’île du rêve de Reynaldo Hahn (Festival de Polynésie Tahiti), La belle Hélène de Offenbach (Opéra de Portland USA), Don Pasquale de Donizetti (Opéra de Marseille), Mireille de Gounod (Chorégie d’Orange), sans oublier La flûte enchantée de Mozart (Opéra d’Avignon) de 1999 à 2013, que Pierre réalise en l’an 2000 pour l’Opéra de Vichy.
Par ailleurs, il anime divers cours et stages de théâtre, dont notamment une rencontre Franco-Chinoise en 2004 au Art Center de Hong-Kong dans le cadre du Festival du French May, ainsi qu’un stage AFDAS sur la tragédie grecque en 2016 avec Catherine et Simon ABKARIAN.
En 2010, Pierre se met à écrire pour le théâtre. Il fait une présentation de son premier texte en septembre 2017 au 104 après 15 jours de résidence. Suite à cette présentation, il est invité à l’ENSATT en tant que metteur en scène pour un travail de recherche sur le théâtre et l’hypnose en mars 2018.

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Choralités en jeu : la musicalité dans le travail de l’acteur

Stage dirigé par Marcus BORJA

du lundi au mercredi – de 11h à 18h
du jeudi au vendredi – de 12h à 19h
durée totale 60 heures
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Objectif du stage :

Ce parcours propose une approche musicale des techniques et poétiques de la scène. Il s’agit d’interroger et faire agir, dans le travail du plateau, la similarité et la complémentarité des modes de perception du temps et de l’espace dans la musique et dans le théâtre à partir de la vocalité de l’acteur-performer. Nous nous intéresserons aux notions d’écoute, rythme, phrasé, ligne mélodique, harmonie, contrepoint, polyphonie, aussi bien dans leur rapport au travail du texte qu’à la dynamique et aux mouvements scéniques. Il s’agit de mettre en évidence, au moyen de différents exercices, la nature essentiellement musicale – notamment en ce qui concerne le rapport temps-rythme et l’harmonie chorale de la scène – des principes structurant l’organisation et l’accomplissement du phénomène théâtral.
Trois axes principaux orientent nos séances de travail et structurent les créations scéniques issues de ce dernier :
– le travail de l’écoute (interne et externe ; individuelle et collective), socle indispensable au jeu de l’acteur – résolument inscrite dans le présent de la scène et de l’action – et garant de la qualité de son interaction avec l’objet (texte, chant, canevas), avec l’autre, avec l’espace ;
– le travail de la voix et la recherche sonore à partir du matériau vocal aussi bien du point de vue technique qu’expressif. Ce travail se décline dans différents contextes d’exécution : le texte et la musicalité des mots, l’improvisation vocale dans le sens large, le chant polyphonique, le bruitage, la percussion corporelle.
le travail de l’espace, Création, transformation et mise en mouvement d’espaces poétiques à partir de l’élément sonore et de la vocalité sur scène.

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L’écoute est le pilier qui soutient l’ensemble du travail. Elle est perçue ici non pas uniquement comme l’accomplissement ou le résultat d’un mouvement de l’extérieur vers l’intérieur, un « se laisser traverser par », mais aussi – par opposition, et donc, dans une tension féconde et permanente – comme un mouvement de l’intérieur vers l’extérieur, une traversée active de l’espace et de l’autre. C’est précisément la tension créée entre ces deux mouvements qui génère un état de pleine présence, une potentialité créative de/dans l’instant présent partagé et concret qui, même en l’absence de sons « audibles » rend même le silence palpable.

La voix nous intéressera ici en toute sa tactilité et sa corporalité. Émanation concrète du présent sensible, elle est indissociable du corps qui la porte, l’apporte et la supporte. Le corps chantant est à la fois producteur et produit de la vibration du son ; il expérimente et se fait traverser par l’énergie qu’il a lui-même générée. En outre, la gamme de possibilités sonores et expressives que peut produire notre appareil phonateur – qui se multiplient encore à l’infini quand on combine les sons produits par plusieurs personnes vocalisant ensemble – est une porte grande ouverte à la création. Que ce soit la voix parlée, chantée, criée, choralisée, tout ceci constituera à la fois l’outillage et la matière de notre travail.

Plus qu’une chose, la voix peut aussi être un espace déployé dans le temps. Elle est le « lieu d’une absence qui, en elle, se mue en présence » (Paul Zumthor). Il s’agit ici de penser la vocalité comme localité ; la voix non seulement tisseuse de relations, mais aussi bâtisseuse d’espaces sensibles, univers et paysages sonores. Elle est certes, ce pont, ce bras, ce chemin tendu vers l’autre déployé dans l’espace, mais peut aussi incarner elle-même cet espace aux dimensions mouvantes et en perpétuelle réinvention.
Bien plus que des notions de solfège ou déchiffrage, l’approche de la musique, dans son essence, se relie à un processus beaucoup plus intuitif et immédiat. Surtout lorsqu’on constate, en effaçant les frontières (actuelles) entre les arts, que la musique a toujours été associée à l’action scénique. Penser, explorer e potentialiser la musique – ou, plus largement, la notion de musicalité – comme matière-première « concrète », indissociable du travail de l’acteur, inscrit au présent de la scène e du jeu.

Déroulement d’une journée type :

  • Échauffement collectif et préparation du corps/voix : verticalité, élasticité, gestion du souffle et colonne d’air, redéfinition du rapport inspiration/expiration, résonateurs corporels, points d’articulation (voyelles, consonnes), projection, émission, amplitude de la voix parlée et chantée.
  • Exercices d’entraînement : rythme, écoute, adresse, précision du geste scénique et vocal, rapports voix-espace, improvisations sur de diverses matières vocales et rythmiques,
  • Travail sur le texte (individuel et collectif) : phonétique, syntaxe, rythmique, musicalité du texte, versification, rapports syntaxe/musique. Auteurs dans le programme : Jean Racine ; Victor Hugo ; Charles Baudelaire ; Samuel Beckett ; Jacques Rebotier, entre autres…
  • Pratique chorale polyphonique : notions d’harmonie, contrepoint, écoute chorale et sonorité d’ensemble.

teatro-06122014-_CAL1054Marcus BORJA : Docteur en Études Théâtrales et doctorant SACRe, il est acteur, metteur en scène, dramaturge, musicien et chef de choeur.
Après un diplôme de Lettres modernes au Brésil, il se forme en France à l’École Jacques Lecoq, à l’ESAD, au CNSAD (deuxième cycle) et travaille notamment avec Sophie Loucachevsky, Fausto Paravidino, Jacques Rebotier, Yoshi Oida, Christiane Jatahy, Meredith Monk, Antônio Araújo, Éric Ruf, entre autres.
Il a égale­ment une licence et un master en histoire de l’art et muséologie de l’École du Louvre. Enseignant à l’École du Nord, au Cours Florent et à la Sorbonne Nouvelle, il co-organise en novembre 2015 un colloque international inti­tulé Pratiques de la voix sur scène : de l’apprentissage à la performance vocale au TGP, au CNSAD et à l’Université Paris 8.
Il a publié notamment les articles « Du collectif au collaboratif : tendances et évolutions de l’écriture scénique au pluriel » dans Les Collectifs dans les arts vivants depuis 1980, éd. L’Entretemps, 2014 ; et « L’Écoute active et le silence parlant : la musica­lité comme base pour la direction d’acteurs » dans La Direction d’acteurs peut-elle s’apprendre ?, éd. Les Solitaires Intempestifs, 2015.

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Galin Stoev : Raconter et incarner chez Viripaev

Stage dirigé par Galin STOEV

 

du lundi au mercredi – de 11h à 18h
du jeudi au vendredi – de 12h à 19h
durée totale 60 heures
(conventionnement AFDAS en cours)

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Il s’agira d’abord d’analyser concrètement – à travers des exercices de lecture à la table – le fonctionnement de l’écriture singulière de Viripaev. On commencera par explorer et expérimenter le rythme de l’écriture, c’est-à-dire aussi les accents dramaturgiques et les ruptures qu’il suggère, tout comme les lignes de sens concrets qui y sont tracées.

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Cela nous permettra ensuite d’aborder la question du personnage à partir de ce type d’écriture. Il s’agira donc de déceler et d’expérimenter, à partir de l’analyse pratique du texte et du contexte en termes d’actions et de situations, comment émergent les personnages depuis la rencontre entre l’écriture elle-même et comédiens avec ses partenaires de jeu. On constatera que dans ce type de dramaturgie, les personnages sont souvent amenés àraconter l’action – la leur propre comme ceux des autres personnages –, ce qui doit pousser le comédien à incarner son personnage de manière de manière radicale, quoique non classique.On en viendra alors au travail de construction du personnage proprement dit dans ce cadre dramaturgique non classique. À partir d’un travail qui articule des exercices d’improvisation, des exercices d’écriture de scène, la traversée de certains morceaux du texte (par exemple l’association, dans le jeu, de certaines scènes normalement éloignées), on explorera différentes possibilités de rendre le personnage sensible. Il s’agit donc d’une recherche doit avant tout développer l’imagination du comédien comme une force créatrice susceptible de matérialiser le personnage. En un sens, il s’agit d’une rencontre de soi-même dans sa propre créativité de comédien, à la rencontre, en temps réel, d’un type d’écriture particulier, de ses partenaires de jeu – et du public.


Galin stoev

GALIN STOEV . Metteur en scène né à Varna (Bulgarie) en 1969. Diplômé de l’Académie Nationale des Arts du Théâtre et du Cinéma (Sofia).
Ses mises en scène sont joués dans les théâtre de toute Europe, nottament au Royal National Theatre à Londres, au Théâtre National de Skopje, à la Comédie Française, au Théâtre de La Colline, à l’Opéra de Stuttgart et à l’Opéra de Lille, au Théâtre de la Place Liège, au TGP, ainsi que à Rome, Berlin et en Bulgarie où il retourne régulièrement .
Il a également enseigné au St Martin’s College of Art and Design de Londres, à l’Arden School de Manchester ainsi qu’aux conservatoires nationaux de Ljubljana et de Sofia. Plus récemment, sa pratique pédagogique se déroule sous forme de Master Class, notamment à Paris (ARTA, Théâtre de l’Aquarium, ESAD), Marseille (La Réplique), Sofia (NATFA) et Moscou (Territoria).

 

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Bharata Natyam : Le double visage du dieu Śiva

Stage dirigé par Vidhya SUBRAMANIAN

du lundi au mercredi – de 11h à 18h
du jeudi au vendredi – de 12h à 19h
durée totale 30 heures

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En partenariat avec l’ association HamsayaLe BHARATA NATYAM est un des grands styles de danse classique en Inde.
Originaire du sud et plus particulièrement de la région du Tamil Nadu (sud-est de l’Inde), la ville de Chennaï étant le berceau de cet art.
La technique du Bharata Natyam et des autres styles de danse indienne est souvent abordée à partir des deux pôles d’énergie : tandava l’énergie vigoureuse d’un côté et lasya, fluide de l’autre.
Un échauffement et la pratique des adavus (petites unités chorégraphiques) vous feront entrer dans un des grands styles de Bharata Natyam : le style Vazhuvoor. Réputé particulièrement gracieux, ce style se distingue par une prédominance du lasya (aspect souple et délicat de la danse).

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Vidhya Subramanian invite à explorer les différents aspects très contrastés du dieu Śiva.
La scène de la danse de Śiva est le cosmos tout entier. L’énergie qui se dégage de sa danse décrit la pluralité des multiples facettes de notre monde toujours changeant.
Tantôt représenté dans la posture du yogi, Śiva est capable de brûler de son troisième œil Kama le dieu de l’amour venu l’importuner…
Faisant vibrer le monde au rythme de sa danse, élevant une jambe à la verticale, il est aussi représenté sous la forme d’un ascète perdu dans la contemplation.

Vidhya enseignera deux pièces :

1 – « Sambu Natanam » une ode du sage Patanjali décrivant la danse de Śiva.
Śiva se tient en équilibre au centre d’un cercle de flammes. Elevant une jambe, il alterne par sa danse dans l’univers entre création, préservation, destruction et libération.

2 – « Vazhi Maraithirukkudu » un poème de Nandanar Charitram qui décrit le sort d’un intouchable se voyant interdire l’entrée du temple. Désirant obtenir un simple coup d’œil du Dieu Śiva, il implore Nandi le taureau de le laisser passer…


Formateur:

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Vidhya Subramanian est danseuse de Bharata Natyam , elle est une artiste reconnue pour ses chorégraphies d’une grande subtilité, d’une rare charge émotionnelle.
Formée au style Vazhuvoor par le grand maître S.K. Rajarathnam et à l’art de l’Abhinaya par la renommée Smt. Kalanidhi Narayanan à Chennaï, elle a gagné l’appréciation du public en Inde où elle a reçu de nombreux titres (« Singar mani », « Natya Arasi », « Yuva Kala Bharati »…).
Elle a également dansé sur les scènes de nombreux pays d’Europe ainsi qu’aux Etats-Unis, en Afghanistan au Kenya et en Russie.
Une artiste complète dont le charisme et la créativité ne sont plus à prouver.
A la fois versée dans l’art de la danse, du théâtre mais aussi dans la philosophie et la peinture, elle a participé à de nombreuses créations alliant danse et théâtre. Elle a enrichi son répertoire de Bharata Natyam de par la richesse infinie de son expressivité.
Vivant actuellement en Californie, elle y a fondé une école de danse et une compagnie appelée « Lasya Dance Compagny ».
Comme chorégraphe elle n’hésite pas à aborder des thèmes très actuels collaborant avec de nombreux artistes : danseurs, musiciens, comédiens.

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Anatoli Vassiliev : LABORATOIRE VERS LE SPECTACLE

de « La Musica » à « La Musica Deuxième » de Marguerite Duras
Connaître, pratiquer, éprouver la méthodologie des répétitions

Stage dirigé par Anatoli VASSILIEV, assisté de Natalia ISAEVA

Du lundi 6  au vendredi 17 février 2017 (dates sous réserves).

du lundi au mercredi – de 11h à 18h
du jeudi au vendredi – de 12h à 19h
durée totale 60 heures

Anatoli Vassiliev

Objet du stage :Comme l’a écrit Eric Ruf, administrateur de la Comédie-Française, « la méthode de répétition, la perspective de son travail et la considération de son art sont absolument étrangers à nos us et coutumes journaliers tout en nous mettant en prise directe avec l’histoire et l’héritage du théâtre russe, si fantasmé en France. En cela il bouscule nos habitudes et nos hiérarchies et fait grandir notre art. »
Pour créer La Musica, La Musica Deuxième (1965-1985) Anatoli Vassiliev a ainsi développé pour l’ensemble de ces actes une technique d’acteur chaque fois différente. Passant d’une approche concrète à une dimension poétique, l’extrême précision du jeu se renouvelle telles d’infimes variations musicales. Dès lors, ces retrouvailles entre un homme et une femme dans un bar d’hôtel impersonnel présentent avec acuité et sans concession deux facettes d’une relation d’une bouleversante vérité.
Le spectacle d’Anatoli Vassiliev se compose de trois parties (les deux pièces sont jouées à la suite).

La Musica-La Musica Deuxième

Le premier acte (La Musica) est une sorte de post-mortem de l’amour perdu, une analyse détaillée, une dissection presque chirurgicale des relations antérieures. Ici, il y a des récriminations, le désir et la soif de compréhension : on joue avec la psychologie de l’amour, avec la machinerie de la jalousie et du pardon. Cette partie se termine par la dernière tentative de réconciliation, la dernière prière adressée à la femme, ainsi que par la solution un peu bizarre qu’elle offre à son partenaire. Pendant ces vingt ans qui se sont écoulés, Duras, de son propre aveu, ne pouvait pas se débarrasser des personnages qui continuent à s’imposer à elle, à la hanter… Elle dit : « Je trouvais que la première partie n’allait pas très loin ».
Dans le deuxième acte (la première partie de La Musica Deuxième) les mêmes personnages, comme après un black-out total, se réunissent dans le même hôtel mais cette fois-ci – sans ce fardeau pesant du passé partagé. Dans la joie terrifiante des structures ludiques ils jouent ensemble les jeux réciproques de la séduction et de l’oubli.
Et uniquement dans le troisième acte (la fin de La Musica Deuxième), en se repliant sur les mêmes sujets, la psychologie de la première partie est remplacée par la métaphysique : un homme commence enfin à comprendre ce que la femme poursuivait sans cesse dans ses pérégrinations solitaires à travers les bars, les hôtels, les cinémas déserts…musica

Objectifs du stage : Guidé par Anatoli Vassiliev, assisté de Natalia Isaeva, les participants du stage seront donc invité à découvrir les choix dramaturgiques et à suivre en l’éprouvant une méthodologie de travail qui part de l’expérimentation en laboratoire pour conduire aux répétitions du spectacle jusqu’à son échéance publique.

En travaillant sur le même répertoire, chacun sera amené à maîtriser pratiquement, à travers leurs différences, ce que signifie travailler tour à tour un même rôle selon une structure psychologique et selon une structure ludique. Les uns et les autres pourront mesurer dans leur variation les prodigieux écarts que ces approches méthodologiques suscitent, et apprécier combien la connaissance éprouvée, l’acquisition consciente de celles-ci offrent aux acteurs et metteurs en scène de précieux et indispensables outils.

 

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Créer, avec la Compagnie TEATRO BALAGAN : entre Russie et Brésil

Stage dirigé par Maria THAIS

du lundi au mercredi – de 11h à 18h
du jeudi au vendredi – de 12h à 19h
durée totale 30 heures

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Les recherches dramaturgiques, expérimentales, exploratoires de terrain, ainsi que la pratique créative de la Compagnie Teatro Balagan se situent à la croisée de deux territoires, le Brésil et la Russie.
Ce faisant, Maria Thais, directrice artistique et metteuse en scène de la compagnie basée à Sao Paulo, a développé une pratique de théâtre contemporain des plus innovantes.
Dans le même temps, elle tire inspiration des manifestations traditionnelles des cultures populaires brésiliennes ainsi que des cultures amérindiennes amazoniennes (tribus qui l’ont invitée pour travailler en étroite relation).
Prenant appui sur cet entre-deux Russe et brésilien, ce stage invite à découvrir un processus de travail créatif spécifique. Il prendra précisément appui sur l’idée de « sortir du territoire » comme moyen de recherche dans le travail de l’acteur. Dans une quête d’ouverture et de découverte de l’Autre comme terrain et comme élan créateur.
Sortir du territoire impulse également le processus de construction du langage scénique à partir de la métamorphose corporelle de l’acteur. Le corps est considéré comme matérialité incarnée qui distingue, divise et agit sur l’espace-temps de la scène. Ainsi, nous chercherons à expérimenter d’autres façons d’être, d’autres territoires de connaissance, d’autres techniques — vocale, verbale, musicale, corporelle, narratives, etc. —
photo3Transiter entre images, sujets et perspectives suggère à l’acteur de rentrer sur un terrain méconnu sans soumettre les matériaux dramaturgiques, son imagination et sa propre démarche créative à des structures et savoir-faire prédéterminés. Bien au contraire, il s’agira de se rendre disponible au silence et à l’écoute. Nous cherchons ainsi ce qu’ Els
Lagrou appelle « L’efficacité esthétique » qui découle de la capacité d’une image à agir sur le monde, à le créer ou à le transformer.
Selon Lagrou, la possibilité de coexistence et le chevauchement de mondes différents qui ne s’excluent pas les uns aux autres est la leçon que l’art peut tirer de la pensée des Amérindiens ».

 

Programme de stage : 

>            Exploration des potentialités rythmiques et relationnelles (affecter et être affecté, s’ajuster à l’espace environnant, rendre visible l’invisible, devenir invisible ou se transmuter). Ces potentialités seront explorées à travers des chants, des appels, des invocations, des cellules rythmiques et des jeux traditionnels – éléments issus de la culture populaire brésilienne – dans une démarche de recherche à partir de la matérialité, temporalité, spatialité et multiplicité du chant, du silence et du son.

>            Travail sur des récits et poésies russes et brésiliennes ainsi que des oralités issues de traditions amérindiennes et brésiliennes.

>            Travail sur la notion de métamorphose du corps à partir de la perspective amérindienne où les choses, les animaux, les matières et éléments de la nature peuvent devenir un sujet.


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Maria Thais est metteuse en scène, pédagogue et chercheuse brésilienne. Elle a fondé la compagnie théâtrale Cia. Teatro Balagan (reconnue en 2014 comme patrimoine immatériel de la ville de São Paulo) avec laquelle elle a mis en scène les spectacles Cabras – cabeças que voam, cabeças que rolam (2016), Recusa (2012-2013 – Prix Shell de mise en scène), Prometheus — a tragédia do fogo(2011-2013), entre autres. Elle a mis en scène également le spectacle Olhos d’Agua (2004), avec la compagnie Ismael Ivo (Haus der Kulturen der Welt, à Berlin) et Dorotéia, um estudo (2004), de Nelson Rodrigues, en production du Festival Intercity (Firenze, Italie).
Maria Thais a été chargée de la préparation corporelle et de la direction chorégraphique du spectacle l’Iliade, mis en scène par Anatoli Vassiliev, en Russie. De 1999 à 2006, elle a été plusieurs fois en résidence artistique, en tant que pédagogue, à la Moscow Theatre Scholl of Dramatic Art (à Moscou), école dirigée par Anatoli Vassiliev.
En 2013/2014, Maria Thais a coordonné le projet soutenu par l’Université de São Paulo « Perspectives interchangeables » où elle a mené des travaux théâtraux avec la tribu amérindienne Gãpgir de l’ethnie des Paiter-Suruí dans l’état de Rondônia, au Brésil.
Professeur au département d’arts de la scène à l’université USP – Universidade de São Paulo, elle a publié l’ouvrage Na Cena do Dr. Dapertutto Poética e Pedagogia em V.E. Meyerhold(Editora Perspectiva, 2010) et elle a organisé l’ouvrage Balagan – Cia de Teatro (publié en 2014). En 2011/12 elle a fait un post-doctorat à la Scuola Paolo Grassi (Italie) avec un projet de recherche sur le processus de transmission dans la poétique d’Anatoli Vassiliev.
Sa thèse, soutenue à l’USP — Universidade de São Paulo (2002), portait sur la démarche pédagogique de Vsevolod. E. Meyerhold.

Parmi ses publications : Moi et l’autre : entre le théâtre et l’ethnographie dans La direction d’acteur peut-elle s’apprendre ? ouvrage coordonné par Jean-François Dusigne paru en juin 2015 aux éditions Les Solitaires intempestifs.

 

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Stage rencontre avec Françoise Dupuy

Stage dirigé par Françoise Dupuy et Paola Piccolo

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« Mauvaise est la forme, bonne est la mise en forme »
Paul Klee

Françoise Dupuy évoque par la pratique et par la parole les éléments fondateurs de la nouvelle danse issue de l’aventure d’Hellerau — Dalcroze, Appia et les autres : Palucca, Kreutzberg, Wigman…— qui, en influençant le théâtre et en permettant l’essor d’une dramaturgie innovante basée sur le corps en mouvement a donné des chefs-d’œuvre et reste aujourd’hui encore riche d’enseignements.


 

Le 14 octobre à 20h, Paola Piccolo dansera 2 chorégraphies de Françoise Dupuy.


 

Dans le cadre de Silence(s) , projet à l’initiative de Dominique Dupuy, projet porté par leThéâtre National de Chaillot en partenariat avec Les Inrockuptibles, Le Monde, France Culture, Philosophie Magazine.

 

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KYÔGEN : Les techniques comiques du théâtre japonais

Objectifs pédagogiques :

L’initiation au Kyôgen, forme du théâtre classique Japonais, contribuera à révéler les talents comiques de chacun, à élargir et à préciser sa palette technique. Partition scénique, le kyôgen s’appuie sur la fantaisie verbale, le contraste entre situations triviales et stylisations, la chorégraphie de l’espace, l’alternance de la parole et du chant.

Le mode burlesque et satirique du Kyôgen fera réfléchir sur le rôle et la place du théâtre au cœur de la société contemporaine. Les acteurs se rendront en effet capables de jouer aussi bien pour des spectateurs européens que japonais. Préalablement traduits en français par Dominique Palmé, les textes du répertoire japonais seront abordés alternativement en français et en japonais (transmis oralement à l’oreille), comme une partition scénique, chorégraphie dans l’espace et le temps.

Programme pédagogique :

Ce stage propose de s’initier à la pratique de l’art traditionnel du Kyôgen de Kyôto et d’explorer, en s’appuyant sur cette forme scénique, les potentialités ludiques du répertoire japonais. De même cette masterclass contribuera à révéler les talents comiques des participants, acteurs professionnels européens, à élargir et à préciser leurs palettes techniques.

L’attention sera portée notamment sur:

  • – La manière d’appréhender l’espace
  • – La codification du jeu
  • – La diction projetée du texte et sa scansion qui implique un engagement total du souffle.

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Le stage sera dirigé alternativement par Shime Shigeyama et par son fils Ippei Shigeyama (membres de la famille Shigeyama, une des familles les plus réputées dans l’art théâtral traditionnel du Kyôgen).
Au cours de ces deux semaine de stage, Shime et Ippei Shigeyama, seront assistés de Dominique Palmé, interprète.
Pendant le stage les Shigeyama proposeront de travailler sur deux pièces du répertoire :

  • – Susugigawa (une adaptation en Kyôgen de la Farce du Cuvier, farce médiévale)
  • – Ustubozaru  (histoire de Le carquois en peau de singe)

Les mêmes textes pourront ainsi être joués tour à tour dans leur traduction française et en japonais (en ayant recours à la transmission orale, et à leur transcription phonétique). L’alternance des langues est riche pour l’acteur. Elle permet de ne pas se limiter au sens des mots, de ne pas être explicatif.
Le travail du même répertoire en français, puis en japonais “à l’oreille” mettra en valeur le plaisir conjugué de la sonorité et de la musicalité des textes. L’approche rythmique aidera à ne pas jouer les mots, mais ce qui les anime, les pensées, sentiments ou sensations invisibles derrière ces mots. Cela permettra également d’être plus réceptif à ce que joue le partenaire avec son corps, entre les mots.
Sur la scène vide, quelques accessoires aux fonctions symboliques sont utilisés. L’acteur de Kyôgen met sa maîtrise vocale et gestuelle au service d’une débordante fantaisie imaginative, pour le plaisir du spectateur.
Auprès les maîtres japonais de kyôgen, l’acteur occidental sera donc invité à découvrir leur répertoire, leur esthétique, et leurs modalités de travail.

 

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Stage : Avec Laurent Gaudé, les impulsions du texte

Stage dirigé par Laurent GAUDÉ et Jean-François DUSIGNE

Laurent Gaudé, dramaturge et romancier (Prix Goncourt 2004), appelle à « explorer la pâte humaine dans toute sa complexité, sans avoir peur d’explorer la part d’ombre, pour voir ce que l’homme est vraiment, et ce dont il est capable. Plonger notre regard dans les méandres de l’âme humaine est une nécessité. De même qu’étudier les recoins de l’histoire, ou que poser notre regard, dans le monde d’aujourd’hui, sur des endroits qui voudraient rester cachés. C’est aussi cela, notre devoir de vivre. »

Temps de rencontre et de travail partagé sur le plateau entre auteur et acteurs, ce stage mené par Jean-François Dusigne et Laurent Gaudé conduira chacun à concrétiser les outils qui lui seront nécessaires pour engager ensemble une exploration dramaturgique visant à poser les jalons d’une création naissante.

Une pièce de Laurent Gaudé en cours d’écriture, Même si le monde meurt, dont il reste à concevoir la seconde partie, sera ainsi mise en chantier.
La recherche s’appuiera d’une part sur l’improvisation et la mise en jeu de propositions dramaturgiques, qui déclineront le thème de « la fin du monde ».
D’autre part, le travail prendra également appui sur le souffle de la parole et l’impulsion du texte.
Porter son attention sur le souffle requis par chaque texte amène à mieux cerner son rythme propre. De même que le débit, les inflexions, le timbre varient selon les situations, tout être a un corps, une organicité, un comportement et donc une voix qui lui sont spécifiques. Nous chercherons à ainsi distinguer les différentes voix qui parcourent la pièce en gestation de Laurent Gaudé.
Plutôt que de s’appesantir sur les mots, nous nous exercerons à suivre leurs impulsions sonores, libérer les énergies, canaliser le phrasé, soutenir le flux vocal, chuchoter puis laisser résonner, dans l’accueil du silence. Préciser le regard, engager corps et voix dans l’espace, ponctuer, syncoper, articuler les rythmes du mouvement et de la parole. Bouger, évoluer, rebondir, se laisser inspirer, et… Jouer !

 

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